 |
Pari gagné ! |
 |
Jean-François Lilti a passé la ligne d’arrivée de la Route du Rhum – La Banque Postale à 15h37 après 18 jours de course à une vitesse moyenne de 8,14 noeuds. Il avait pour objectif d’arriver au bout et de porter les couleurs de Citoyens du Monde jusqu’à Pointe à Pitre.
Alors qu’il était à 10 milles de l’arrivé, Jean-François a courageusement décidé de faire une escale technique pour réparer et passer la ligne.
A 1500 milles de l’arrivée et après 10 jours de course, Jean-François informait la direction de course qu’il avait perdu un safran lors d’une collision avec un objet flottant. Premier coup dur pour Jean-François qui devra ménager son bateau pour arriver à Pointe à Pitre.
La course continue et Jean-François Lilti avale les milles à une vitesse moyenne de 10 nœuds.
A moins de 100 milles de l’arrivée et après 16 jours de course pour rallier Pointe à Pitre, c’est le deuxième safran qui casse alors qu’il progresse vers la Pointe de la Vigie au nord de l’île de la Guadeloupe. Toujours déterminé à ne rien lâcher et à franchir la ligne d’arrivée, le skipper de CitoyensduMonde.net décide de finir la course sans safran. Un pari fou que Jean-François est sur le point d’accomplir.
A 10 milles de la ligne, alors qu’il se bat contre des vents capricieux pour rejoindre Pointe à Pitre, Jean-François est contraint de demander une assistance alors qu’il se rapproche dangereusement de la côte. Accueilli en véritable héros à son arrivée au port de Pointe à Pitre et acclamé par la foule venue saluer le courageux marin, Jean-François fait une escale technique avant de repartir en course pour passer la ligne.
Une véritable chaine de solidarité s’est alors mise en place autour de l’équipe de Citoyens du Monde pour réussir le nouveau pari de construire un safran en moins de 12 heures. Il est reparti ce matin en direction du point où il avait demandé assistance la veille et a fini cette Route du Rhum en huitième position.
Plus qu’une course en solitaire, Jean-François a réussi un véritable exploit de courage et de persévérance pour véhiculer avec panache le message de Citoyens du Monde.
Pari gagné pour Jean-François et son équipe qui peuvent maintenant profiter pleinement de cette victoire. Piqué par le virus de la course au large, Jean-François et son fidèle routeur et préparateur Xavier Gosselin pensent déjà à la suite…la Transat Jacques Vabre peut-être…
Jean-François tient particulièrement à remercier les personnes qui ont participé à la réussite de cette aventure, les gens qui l’ont soutenu pendant la course, les enfants des écoles de Caen qui lui ont envoyé une énergie folle, et les passionnés venus l’aider à réparer cette nuit pour lui permettre de passer la ligne d’arrivée.
Réaction à chaud de Jean-François Lilti
« Hier et avant-hier, je me suis battu pour faire avancer le bateau sans safran en réglant les voiles, en trainant des ancres tantôt sur tribord, tantôt sur bâbord… Physiquement, c’était dur. Lutter contre le sommeil, ne pouvoir ne serait-ce que boire un café parce que je ne pouvais pas lâcher les écoutes ou les trainards plus de 20 secondes… ça m’a mis franchement à bout physiquement et mentalement.
Quand je me suis rendu compte que je ne pourrai pas rejoindre au près la ligne d’arrivée, pour moi c’était l’abandon… Mais après un peu de réflexion, avoir la possibilité de pouvoir passer la ligne après réparation, c’était vraiment quelque chose. Toute l’équipe et de nombreux bénévoles ont bossé toute la nuit pour refaire un safran. Les Guadeloupéens ont été charmants. Ils se sont débrouillés durant la nuit pour nous trouver des tubes d’alu, les rectifier, les mettre au bon diamètre, faire des soudures afin que j’aie un safran pour aller passer la ligne le lendemain matin, c’est extra… Et pourtant, nous n’avons pas sollicité les gens, ce sont eux qui nous ont gentiment proposé de le faire et ça fait chaud au cœur. C’est sans doute ça l’esprit du Rhum. C’est ce qui fait les histoires de cette course et on se sent un peu dedans quand il arrive ce genre de choses. »
|